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Médaille d'Or FPS 2026

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Lors du congrès ProtéoVilamoura en mai 2026 au Portugal, la FPS a décerné sa Médaille d'Or à Isabelle Fournier, professeure des universités et co-directrice du laboratoire PRISM à Lille. Cette médaille vient récompenser ses travaux dans le domaine de la protéomique, en particulier les développements pionniers de son équipe par imagerie par spectrométrie de masse à résolution spatiale (avec la technologie SpiderMass), qui ouvrent de nouvelles perspectives pour l'analyse moléculaire des tissus.

Chères et chers collègues, chères et chers amis,

Tout d’abord, je tiens à remercier chaleureusement la FPS et son conseil d’administration de m’avoir attribué ce prix. Cette distinction me touche profondément. Recevoir la reconnaissance de la communauté française de protéomique et de collègues que je connais depuis longtemps, avec lesquels j’ai partagé une passion scientifique pour le domaine de la protéomique, des échanges scientifiques enrichissants et une forte émulation scientifique, est un honneur tout particulier pour moi. Je regrette tout particulièrement que des évènements personnels ne m’aient pas permis de me joindre à vous pour la remise de ce prix à Vilamoura, et je remercie vivement Etienne, qui m’a ramené ce magnifique trophée qui a pesé lourd dans son sac à dos. 

Pour moi, ce prix est adossé à un projet qui a débuté il y a 25 ans, lorsque j’ai décidé de travailler au développement de l’imagerie MALDI, en particulier des protéines, à une époque où la technologie n’en était qu’à ses balbutiements et où seuls deux autres laboratoires à l’international s’intéressaient à ces thématiques. Nous avons ainsi pu proposer des workflows d’imagerie MALDI des protéines, bottom-up et top-down, compatibles avec les tissus frais comme avec les tissus FFPE ; puis introduire les concepts de MALDI-IHC et de MALDI-ISH en proposant, pour l’imagerie MS, des sondes à base d’anticorps et d’oligonucléotides taggés avec des rapporteurs photoclivables. Ces développements nous ont rapidement amenés à introduire la protéomique spatiale (à l’époque intitulée microproteomics, puis spatially resolved proteomics), déjà il y a 15 ans, pour remonter de la distribution des composés à une identification en profondeur, d’abord par des approches de micro-extraction, puis, actuellement, par micro-ablation. Ces développements nous ont conduits progressivement aux applications biologiques, mais surtout cliniques, en particulier dans le domaine de l’oncologie, pour la recherche de marqueurs diagnostiques et pronostiques, la stratification des patients, la compréhension des mécanismes de cancérisation et la recherche de cibles thérapeutiques. L’ensemble de ces développements s’inscrit dans une même vision de l’étude du microenvironnement tissulaire, et plus particulièrement tumoral, ainsi que du cross-talk entre les populations et sous-populations de cellules, fondamental pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques. Ces recherches se poursuivent par une translation vers l’analyse et l’imagerie in vivo par spectrométrie de masse, via la technologie SpiderMass, actuellement utilisée en lipidomique, mais que nous développons aussi pour la protéomique.

Ce parcours a été jalonné de challenges pour développer ces nouvelles méthodes, dépasser les limites technologiques et voir ces avancées permettre d’aborder des questions jusque-là difficiles à explorer, mais aussi de grands plaisirs lorsque ces développements ont abouti. Il est aussi fait de tâtonnements, de résultats inattendus et de discussions qui nous conduisent à regarder autrement ce que nous pensions comprendre et connaître. C’est cette liberté d’explorer et de construire à la rencontre de plusieurs disciplines que je trouve si précieuse dans notre métier.

Évidemment, ces recherches sont le fruit d’un travail d’équipe et je souhaite donc partager cette reconnaissance avec toutes celles et ceux qui ont contribué à cette aventure ; les membres de l’équipe, passés et présents, les étudiants et les collaborateurs, notamment les collègues cliniciens. Tous ont cru en ces projets, même si l’issue était incertaine. Leur créativité, leur persévérance et leur enthousiasme sont au cœur du travail accompli. Ce prix est aussi le leur, et je tiens à les en remercier très sincèrement.

Il me donne également l’occasion de saluer le rôle de la FPS dans les échanges qui font vivre notre discipline. Réunir des expériences et des regards différents, accompagner les jeunes scientifiques et faire émerger de nouvelles collaborations sont des engagements essentiels pour son avenir.

Merci encore pour cette belle reconnaissance, qui m’encourage à poursuivre cette aventure avec la même curiosité et le même plaisir de partager. Au plaisir d’échanges scientifiques futurs !!!

 

 

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